Les actions de "au coeur des Différences"

Compte rendu de la conférence de M Chardon Eric , neuropsychologue 17 avril 2019

AUTORITE  ET  BIENVEILLANCE : COMMENT  POSER  DES  LIMITES ?

Autorité et bienveillance Comment poser les limites

 

Conférence de Fabrice CHARDON le 17 AVRIL 2019 à la salle des fêtes de Belley

 

 

 

Présentation

Fabrice Chardon est docteur en philosophie (PhD), Art-thérapeute diplômé d’université et psychologue clinicien en gériatrie, en soins palliatifs et en institut médico-éducatif avec des enfants.

Il est aussi directeur d’enseignement et de recherches à l’Afratapem, école d’art- thérapie de Tours, et responsable pédagogique des diplômes d’art-thérapie des facultés de médecine de Tours, Grenoble et Lille-UCL.

 

Quelques  rappels  sur  l’être  humain

Trois composantes essentielles : physiques, mentales et sociales.

  • ’être humain est une entité physique, dans le sens de la norme constitutionnelle.
  • êtres humains, avec chacun leurs spécificités et leurs normalités. Ils ont une entité mentale, avec des affects psychologiques et cognitifs, et des ressentis qu’ils peuvent analyser.
  • ls ont une entité sociale. L’être humain n’est pas forcément sociable, mais il est social. Il a besoin de vivre en société, pour pallier à ses faiblesses (David HUME). Il a besoin des autres, par ex pour assurer sa descendance.

« Philia » désignait, à l’origine, l’appartenance à un groupe social. Aristote appelle philia l’affection ou l’amitié (chacun s’apprécie en fonction de ses qualités et potentiels). L’humanité se crée ainsi.

L’être humain recherche « l’homéostasie », c.à.d. l’équilibre des trois entités, variable et mouvant.

  •  

La saveur existentielle : la vie a un goût qui pourrait être bon. C’est très subjectif !

L’être humain cherche à tendre vers :
  •  
  • Une recherche dubonheur

 

 

La bonne santé

Mais, on peut être en bonne santé et avoir une mauvaise qualité de vie…et inversement…avoir une bonne qualité de vie et être en mauvaise santé !

 

 

La recherche a montré que les besoins psychologiques sont aussi importants que les besoins physiologiques, avec l’impact de uns sur les autres, comme par ex les carences.

Donc, tout est lié. 40% de l’estime de soi provient de sa capacité à s’analyser, les 60% restants proviennent de l’extérieur.

 

Les mécanismes fondamentaux

Ils opèrent dans l’esprit ou le psychisme de l’individu.

  • Impression :

C’est la capacité à imprimer soit une situation à partir de nos connaissances, soit les capacités et la personnalité d’autrui. Elle utilise nos quatre sens, l’ouïe, la vue, l’odorat et le goût, ainsi que des facultés sensorielles, comme le toucher, avec des sensations de douleur, chaleur, pression…

C’est avec notre système limbique, ou cerveau émotionnel, que l’on capte et perçoit.

 

  • Perception :

Elle repose sur des informations délivrées par nos sens, et traitées par nos systèmes de perception.

Elle désigne le processus de recueil et de traitement de l’information sensorielle, mais aussi la prise de conscience qui en résulte. Tout le monde est imaginatif, car il suffit d’avoir des sens.

Mais cette perception peut être limitée par l’environnement et l’éducation.

 

  •  

Elle s’exprime grâce aux six émotions de base : joie, colère, tristesse, peur, surprise et dégoût.

On perçoit en permanence des émotions. L’expression s’extériorise dans la parole, la perception des choses et des situations, la création…

On ne peut pas gérer une émotion, mais l’expression de l’émotion ou du sentiment. Seule, c’est une attitude. Dans un contexte social, c’est un comportement.

Les mouvements expressifs permettent d’établir une communication avec autrui, avec un émetteur, un récepteur, un message et un code commun.

La communication c’est dans les yeux ou à travers les yeux d’autrui. C’est un rapport à l’autre.

 

Le soin

Il apparaît quand il y a souffrance.

Lorsqu’un des mécanismes est défaillant, il y a :

  • Entrave aubien-être
  • Diminution de la qualité devie
  • Sentiment devulnérabilité

Ces souffrances entraînent stress, peur, inquiétude…Elles augmentent la dépendance (l’incapacité à réaliser ses choix), favorisent la perte d’autonomie, donc l’incapacité à faire des choix.

Le soin a pour objectif de diminuer les souffrances exprimées, d’ordre physique, psychique, social. C’est un acte qui vise à améliorer l’état de la personne, par l’utilisation de techniques et savoir-faire adaptés.

 

La relation patient – accompagnant

  • Pas de rencontre sans mise en jeu de mécanismes psychiques (théorie des cercles : schéma d’organisation générique, valable aussi bien pour le corps humain que pour un état….une organisation…).
  • as de prise en compte de l’autre (tout ou partie) sans d’importants enjeux psychologiques.
  • Rencontre : elle façonne certaines données, comme lapeur.

Elle met en jeu des données préexistantes.

Cette rencontre est un ensemble de processus (cerveau reptilien) :

  • motionnels : j’ai peur
  • ffectifs : j’aime…pas
  • cognitifs : que fait-on?
  •  

Parfois entre un technicien (le soignant) et l’univers familial (ou les planètes autour du patient).


Parfois entre « des » techniciens et un souffrant ou un univers (une multitude de soignants sont en lien avec des planètes autour du patient).

Staff obligatoire

  • d’organisation dans lequel tous les éléments forment un système hiérarchisé).

Entre anxieux, histrioniques…on se reconnaît.

  • a relation thérapeutique se forme tout au long des rencontres. L’alliance est un élément de la relation qu’on cherche à avoir, mais qu’on n’a pas forcément.

Prudence, donc, à la première rencontre, car elle peut engager dans une voie

 

difficilement maîtrisable (volonté de sauver la personne, à tout prix, avec, en face de soi, un parano non identifié).

  •  
  • ’éducation  thérapeutique  apparaît  comme  un  nouvel  enjeu.  Dorénavant  il  y  a recherche du rapport collaboratif.

 

Avant :

Notion malade – patient et donc culture de l’assistance. Relation très paternaliste (savoir, éthique).

 

Aujourd’hui  :

Culture de l’individu, usager – consommateur client.

Pour l’usager, on ne peut pas mourir, cela ne peut pas exister. Pour le consommateur, le confort est un droit.

Relation partenariale (devoirs des accompagnants, droits du patient).

 

L’évolution a été très rapide entre « culture de l’assistance », la médecine donne ce qu’elle peut, et « culture de l’individu », on lui donne ce qu’il demande.

 

Faut-il :

  • Schéma simplifié) une démarche d’intégration, où l’individu s’adapte au groupe social, ou une démarche d’inclusion, c.à.d. l’inverse ?
  •  

Le soutien accompagne, le remède limite les symptômes.

  • u’attend-on des institutions ? Une mise en place avec autorité ou bienveillance ?

Ce n’est certes pas si binaire.

Autorité : pouvoir d’agir sur autrui.

Autoritarisme : caractère, comportement d’une personne autoritaire, aimant imposer son autorité.

Bienveillance : disposition affective d’une volonté qui vise le bien et le bonheur d’autrui.

 

Nécessité des trois dimensions

  1. - Connaissance de la personnalité du patient
  2. Connaissance du mode relationnel dans lequel nous nous situons.
  3.  Capacité d’écoute et d’enregistrement.

 

  1. - Personnalité du patient. Trois groupes.

Distants plus ou moins bizarres :

  • Paranoïaques (suspicion, théorie ducomplot).
  • chizoïdes (fonctionnement très binaires. Difficultés d’adaptation dans les rapports sociaux. Ils clivent tout le temps. Il faut constamment renvoyer les questions).
  • Schizotypiques (proches des paranos, avec parfois deshallucinations).

 

Impulsifs :

En France, ce sont des antisociaux, aux USA ce sont des psychopathes (Où je veux, comme je veux, quand je veux).

  •  
  • istrionique : névrose qui passe par le corps, et un besoin d’attention exagérée (sujet aux spasmes, crampes…).

 

Anxieux :

  • Évitants (évitent toute situation compliquée ouconflictuelle).
  •  
  • Obsessionnels (chaque chose à sa place, chaque place pour chaquechose).
  • Narcissiques (besoin des autres pour leur marcherdessus).
  • gocentriques (besoin des autres, d’un public). L’altruisme est l’un des mécanismes de défense chez l’anxieux.

 

70% de notre personnalité est forgée entre 0 et 6 ans.

Les 30% restants se forgent entre l’adolescence et 24 ans chez les filles, 27 ans chez les garçons.

 

  1. - Les quatre types de mode relationnel ambiant
    •  
    • cientifique : maintient la distance. Pas d’empathie.
    •  
    • Informatif : synthèse des trois types précédents axée sur un but, l’adhésion aux soins.

 

  1.  Capacité  d’écoute  et  d’enregistrement

L’écoute est essentielle. Ce n’est pas une attitude passive.

Le temps moyen de consultation chez un généraliste est de 7 min.

 

La durée moyenne d’expression verbale du patient, lors d’une consultation chez un spécialiste est de 2,5 min.

85% des patients souffrant de maladies chroniques vont vers des thérapies complémentaires, parce qu’ils peuvent parler.

 

L’écoute comprend quatre axes :

  • être disponible, et dans la communication.
  • différent « d’accepter ».
  •  
  •  

 

Pour une recherche du rapport collaboratif avec bienveillance et autorité, il faut :

  •  
  •  

Il faut être à l’aise avec le patient, en ayant plutôt une démarche relationnelle que technique et être à l’aise avec la situation.

  • De la chaleur en créant une ambiance où les différentes parties se sentent à l’aise sans sortir de leur rôle. C’est une démarche sociale. Mais il faut parfois prendre du recul, quand la relation est difficile, en adoptant une démarche plus neutre, voire en laissant la main, dans certains cas extrêmes.
  •  
  •  

 

Les règles de base : les 4 R

  1. – Recontextualiser : aborder une chose précise dans un contexteprécis.
  2. – Reformuler : montrer au patient qu’il estentendu.

Permettre aux deux parties de vérifier qu’elles sont sur la même longueur d’onde. Permettre à l’accompagnant de formuler une hypothèse, d’orienter et de maîtriser l’échange, en reprenant les mots du patient.

  1. Résumer : permet de faire le point. Le patient se sent écouté. Ce qui a été fait ou dit en entretien a un début et une fin, et peut être organisé.

Cela permet d’avoir un « feedback », ou un retour d’informations du patient. Cela permet de « faire la récolte », et de réagir si un nouveau traitement doit être envisagé.

Cela doit toujours être fait en fin d’entretien, d’accompagnement de séance, et quand un thème important a été traité.

Quand l’accompagnateur ne sait plus quoi dire, il doit résumer plutôt que de poser des questions supplémentaires et inappropriées.

  1.  Renforcer : mettre l’accent sur les côtés positifs. Permet de renforcer les mécanismes de préservation (je vous le confirme, vous avez raison, mais…).

 

Remarque : ces règles fonctionnent avec les adolescents.

 

Les pièges

Essayer de convaincre un patient qui n’est pas prêt. Ne pas débattre. Cela ne sert à rien.

Éviter les questionnements de type trop médical.

Faire dire au patient ce que l’accompagnant attend qu’il dise.

Essayer de modifier une position réaliste (il y a du respect à avoir. Ex, un deuil se respecte…), un changement de situation (il faut laisser du temps, il y a de la souffrance qui débarque…).

Travailler à la place du patient, car c’est supprimer sa capacité à faire des choix. Aller trop vite : il faut prendre du temps et l’accepter.

 

Conclusion

Il y a un subtil équilibre entre autorité et bienveillance. Il faut poser son cadre et ne pas oublier que nous avons aussi notre personnalité.

Tout accompagnant n’est pas bon pour tout patient, et vice versa. Il faut connaître l’autre et se reconnaître soi-même :

  • ’entretien demande technicité
  • a spontanéité c’est bien, mais insuffisant. Il faut être professionnel.

Compte rendu de la conférence de M Desmurget 21 février 2017

Conférence de Michel DESMURGET Mardi 21 FÉVRIER 2017
 
CAR LA CULTURE DONNE FORME À L'ESPRIT

 
 
PLASTICITÉ CÉRÉBRALE
 
Le premier modèle est basé sur la théorie des localisations, selon laquelle le cerveau est une masse informe et figée. Des exemples frappants, à l'époque, dès qu'il y a lésion, plus rien ne fonctionne.
 
HM, Henry Gustav Molaison, (1926-2008) est un patient devenu amnésique à la suite d'une opération chirurgicale effectuée en 1953 par William Scoville, un neurochirurgien du Connecticut. Souffrant d'épilepsie résistante aux médicaments, HM a subi une opération chirurgicale expérimentale consistant à lui retirer une large portion des deux hippocampes, les portes d'entrée de la mémoire. Depuis son réveil HM souffre d'une amnésie quasi totale. Il est incapable de retenir une information au-delà de quelques secondes à moins de faire un effort constant de répétition. On attribue sa capacité à retenir certaines informations, comme le plan de sa nouvelle maison, son visage dans un miroir, ou le fait que ses parents soient morts, ou faire tous les jours les mêmes dessins, à leur caractère très répétitif ou à la charge émotionnelle forte. Les scientifiques ont alors supposé qu'il y avait peut-être une mémoire autre, qui utiliserait d'autres structures du cerveau.
 
La vision génétiquement déterminée de la nature humaine commence alors à diminuer de plus en plus chez les professionnels scientifiques. En fait, le cerveau est plus plastique qu'on ne le croit.
 
Ex : la maladie de Parkinson, et les maladies dégénératives, seraient des modèles de plasticité du cerveau. Ces maladies sont actuellement impossibles à traiter, même si des prises de médicaments sont nécessaires. Mais tout le système se réorganise pour pouvoir fonctionner "normalement".
 
Ex : des patients opérés de tumeurs n'ont pas de gros déficits. Les tumeurs bénignes deviennent malignes au bout de 7-8 ans. L'option de les opérer lorsqu'elles sont bénignes permet de prolonger la vie des patients.  Ceux atteints de gliomes, tumeurs cérébrales bénignes ou malignes, sont cliniquement normaux après l'opération. Un neurochirurgien a établi une base de données après des opérations en une ou plusieurs étapes, sur chats, chiens.....Il en a déduit qu'après une opération en une étape, le cerveau avait le temps de s'organiser. Il n'a pas été cru, à l'époque, les professionnels pensant que ses données étaient truquées. Ce n'est qu'après sa mort que son travail a été reconnu.
 
Michel Desmurget donne l'exemple d'un fillette opérée de la moitié du cerveau. Elle vit, actuellement, parfaitement normalement.
 
Le cortex primaire moteur contrôle la motricité, par conduction par les fibres, vers la moelle et les muscles. Dans le cortex, mains et visage disposent des surfaces les plus importantes. L'amputation modifie l'organisation cérébrale. Exemple de la main amputée, le bras colonise la main. Il y a une plasticité qui fonctionne au niveau cérébral.
Conférence M. Desmurget - 2 -  21 Février 2017
La greffe restaure l'organisation cérébrale originelle. Six mois après une greffe de la main, il y a une extension dans le cerveau de l'organisation de la main.
 
La stimulation magnétique transcrânienne, ou TMS, est une technique médicale et un outil d'investigation qui permet de connaître la nature des connexions dans le cerveau. Dans le cas d'une greffe récente des deux mains à un patient, la récupération musculaire est considérée comme miraculeuse. Il faut des mois pour que les connectivités se remettent en marche. La TMS permet de voir réapparaître les réponses de la main. Les greffes de la face sont plus longues et compliquées, car il faut aussi réapprendre à parler.
 
LE SECRET DE LA RÉCUPÉRATION
 
Après un AVC, accident vasculaire cérébral, il n'y a pas de récupération. Après l'opération d'une tumeur, il n'y a pas de perte. Pourquoi ces divergences ?
 
Le secret de la récupération, c'est l'utilisation de la fonction, donc la rééducation.
 
Sur un animal, on bloque le membre sain, pour obliger l'animal à utiliser le membre malade. Le système met en place sa propre rééducation.
 
LE POIDS CRITIQUE DE L'ENVIRONNEMENT Des données plus cognitives, ou quand les idiots deviennent géniaux.
 
La mesure de l'intelligence d'un rat se fait à l'aide de tests comme celui du labyrinthe. Mais, entre des rats idiots et des rats intelligents, que se passe-t-il sur leur descendance ? L'université de Montréal a travaillé sur la reproduction de lignées de rats. - Rats 1 les plus intelligents se reproduisent sur plusieurs générations. - Rats 2 les plus benêts se reproduisent sur plusieurs générations.
 
On note des différences entre les rats. - Les rats 1 restent intelligents. - Les rats 2 restent benêts. Donc, l'intelligence est génétique.
 
On met les rats 1 et 2 dans un environnement appauvri. - Le rat 1 devient "corniaud". - Le rat 2 reste "corniaud".
 
A l'inverse, on met les rats 1 et 2 dans un environnement super enrichi. - Le rat 1 reste intelligent. - Le rat 2 devient aussi performant que le plus performant des rats.
 
Si on met plus d'engrais et de stimulations, on met de l'égalité entre les rats. Il n'y a pas de rat "con", ni d'enfant "perdu", dixit Michel Desmurget.
 
Chez l'homme, c'est pareil ! Ex : des enfants adoptés âgés de moins d'un an, en grande difficulté et déficit. Élevés, au départ, en milieu carencé, avec un retard important. - Adoptés et élevés en milieu standard : le gain est d'environ 10 points sur le QI - Adoptés et élevés en milieu favorisé : le gain est d'environ 100 points sur le QI Avec 100 points de QI, on peut faire tout type de formation poussée.
Conférence M. Desmurget - 3 -  21 Février 2017
Collectivement, plus le milieu est favorisé, plus l'enfant est privilégié. Le volume de matière grise augmente plus facilement, ce qui entraîne un gap important avec des enfants de milieu défavorisé. Sauf en milieu "ultra" favorisé, qui entraîne de l'insécurité affective. le M&M's c'est 9 points sur le QI !
 
La plasticité du cerveau est très importante chez l'enfant. Mais "de long terme" avec ados et adultes. Le cortex s'affine avec les années, mais il y a encore une plage de plasticité pour les Seniors!!!
 
Ex : vers 8-9 mois, l'enfant perd la capacité à discriminer les sons d'une langue. Il fait de la place dans son cerveau !
 
Tout ce que nous faisons change la structure du cerveau : - les jeux vidéos - Le jonglage qui sollicite la coordination des mains. - le chauffeur de taxi qui surdéveloppe une zone du cerveau, dû à l'apprentissage draconien et par cœur de tous les noms de rues, par ex, d'une grande ville.  - Jouer d'un instrument de musique, à un niveau élevé, change l'architecture des zones et des connexions. Ce sont des changements fonctionnels qui influent sur la vie quotidienne, mais aussi des changements sur la vision du monde. Suivant les cas, le surdéveloppement se fera au détriment d'autres zones.
 
La plasticité dépend aussi de la contrainte cognitive et de la pression de l'environnement. Ne pas avoir le choix. Ex : attraper une balle, avec contrainte, entre un "Parkinsonien" et un individu "normal".
 
CULTURE ET CERVEAU
 
La réponse des zones engagées est fonction de la spécificité de la tâche. Mais très peu de choses se transfère d'une activité à une autre.
 
Ex : les deux échiquiers. Si le jeu est un vrai jeu, le professionnel saura remettre les pièces en place. Si le jeu n'est pas un vrai jeu, personne n'y arrivera.
 
Ex : chez des enfants ayant des activités culturelles de niveau élevé, des compétences transférables et des changements anatomiques sont observés. Chez les musiciens, par ex, il se forme une zone plus épaisse au niveau du cerveau. A lire dans un livre " Triple Package" What really determines success - Amy Chua et Jed Rubenfeld.
 
Ex : les Juifs représentent 0,2% de la population mondiale, mais 25% des prix Nobel. Pour entrer à l'université d'Harvard, il faut un QI de 100 à un chinois, et un QI de 120 à un américain.
 
Dans la réussite, le facteur important, c'est l'effort. Ex donné par M. Desmurget, la différence entre : - des solistes musiciens - des musiciens professionnels dans un orchestre - des enseignants C'est le nombre d'heures de travail et de pratique !
 
Conférence M. Desmurget - 4 -  21 Février 2017
Une pratique pénible et difficile est un facteur de réussite. Mais cette activité épuisante chez des Jeunes, entraîne aussi une durée de sommeil plus importante et une obligation de sieste dans la journée.
 
Beaucoup de choses se consolident la nuit. Quand on stresse le cerveau, il retient mieux.  L'effort est une nécessité dans la banque de mémoire.
 
Qui réussit le mieux à l'école ? Dans l'ordre des trois premiers critères influents : - L'autodiscipline, donc la capacité d'effort. - le QI. - Le milieu culturel.
 
Les critères
 
La persistance Ex : le test du chamallow sur une centaine d'enfants, suivis sur plusieurs années. C'est identique au M&M's. Les capacités effort, persistance ont un impact sur la vie sociale, familiale, professionnelle, sportive, sur la santé........
 
L'attention - Un système externe, c'est une attention distribuée ou réactive, avec une hyper sensibilité au monde extérieur. Ex : les jeux vidéos Une étude Microsoft indique que ce type d'attention serait au détriment majeur de l'attention scolaire. "Nos ados auraient l'attention d'un poisson rouge".
 
- Un système d'attention dirigée, c'est la concentration. C'est une attention focalisée sur le monde intérieur. Ex : lire, apprendre.....Il faut rester concentré sur des "stimuli" immobiles. Le "Pas drôle" est un apprentissage important. Il n'a pas été inventé mieux pour développer l'attention que des activités type puzzle, musique, dessin, jeux de perles...lecture...
 
Le langage La seule façon de le développer, c'est l'usage des livres. "Il y a plus de richesse dans un livre d'école maternelle, que dans une vidéo, un programme télé, ou une discussion informelle entre adultes", car dans un livre il y a toute la difficulté syntaxique.
 
Les sollicitations protectrices
 
La dimension humaine Ce sont, par ex, les facteurs de relation avec des personnes atteintes de pathologies élevées. Trois heures par jour devant la télé risque de doubler les effets négatifs de la maladie. Le rapport à l'humain est une dimension fondamentale.
 
On a besoin d'humain pour vivre et apprendre. De même, quel que soit le système utilisé, si l'enseignant est bon, ça marche !
 
 
Conférence M. Desmurget - 5 -  21 Février 2017
Quelques livres The smartest kids in the world - Amanda Ripley Les héritiers, les étudiants et la culture de Pierre Bourdieu La civilsation du spectacle de Mario Vargas Llosa
 
On mesure la qualité d'une culture, quelle qu'elle soit, à la façon dont elle nourrit le cerveau.
 
Il n'y a pas de meilleur engrais que la culture pour nourrir, construire, réparer et préserver le cerveau humain.

Cmpte rendu de la conférence N°1 : Fabrice Chardon

L’activité artistique au regard des facultés, capacités et potentialités

Conférence de Fabrice CHA RDON / 22 octobre 2014

Objectifs :qu’est ce qu’une activité artistique ? Comment ça marche ?

Les mécanismes fondamentaux

- L’être humain est une entité matérielle = il est vivant. Toutes les cellules sont constituées de la même matière. 99,9% du génome est commun.

- L’être humain est une entité biologique

- L’être humain est une entité psychologique : il a  conscience d’être / d’exister/ de savoir où il est ……

Il a la conscience et la connaissance

Exp : avoir la conscience d’être assis sur une chaise implique la connaissance de ce qu’est une chaise, du confort qu’elle apporte.

Conscience s’oppose à inconscience qui est sans connaissances

L’être humain est en recherche permanente homéostatique, c’est à dire de l’équilibre permanent du corps (ceci sans le savoir). Les échanges sont permanents avec l’extérieur qui existent grâce à un déséquilibre permanent. La vie s’arrête quand il n’y a plus cet équilibre qui permet de maintenir l’entité matérielle. Cette recherche permanente de l’équilibre matériel/ biologique et psychologique est ce qui définit l’être humain.

Postulat : l’être humain est en recherche permanente de son idéal de bonheur/ tendre vers un certain nombre de potentialité du bonheur = être bien.

Le bonheur est l’état équilibré dans lequel on trouve une saveur existentielle.

Le bonheur est différent pour chacun.

1 -  qualité de vie

2 - saveur existentielle

Il convient de distinguer la qualité de vie qui est en lien avec l’homéostasie et la saveur existentielle qui est en lien avec le bonheur.

Le bonheur ne se commande pas. On peut être bien avec une mauvaise qualité de vie. La recherche de nouveaux idéaux va avec l’amélioration des paramètres 1 et 2.

Attention : faire la différence entre la vie et l’existence (la pratique artistique sublime le tout au service de la saveur existentielle.)

Qq définitions :

  • l’impression : vient de l’extérieur vers l’intérieur. C’est un mécanisme fondamental de l’être humain. Toutes les informations viennent de l’extérieur ; elles peuvent être volontaires ou involontaires (la respiration, le froid ….)
  • la perception : traitement de la sensation. Information extérieure qui crée une modification physique, biologique, psychologique dont on a conscience.
  • la sensation : information qui vient de l’extérieur et crée une modification physique, biologique dont on a conscience.

L’être humain a des capacités  d’imagination (à différencier du délire) / capacité à se créer des images mentales en lien avec la réalité au regard de ce que l’on a dans notre bibliothèque (d’où l’importance de ne pas soumettre l’enfant de – de 3 ans à la TV car création d’images négatives dans sa tête)

L’imaginaire c’est la bibliothèque d’images que l’on a grâce à l’imagination/ en lien avec la réalité, avec ce que l’on a appris (le délire lui n’a aucun lien avec la réalité)

Attention il ne faut pas confondre intelligence (on est tous intelligent= capacité à s’adapter à son milieu) et connaissances = ce que l’on a appris.

Mais, plus il y a de « Connaissance », plus il y a d’imagination.

  • l’expression : de l’intérieur vers l’extérieur (émotion / sentiment / comportement / attitude) = nos idées, nos images

L’expression verbale ou non verbale (expression corporelle / mimiques/ postures.)

L’émotion est la base / réflexe affectif (attention à l’expression gérer une émotion, on gère un sentiment pas une émotion)

Rappels : les 6 émotions : peur/colère/tristesse/joie/surprise/dégout

Le corps va s’adapter à la situation : exp : augmentation du rythme cardiaque, accélération de la respiration, mains moites, sudation, rougeur …. qui sont des modifications physiologiques

On fait le lien avec les images de sa bibliothèque et on transforme en sentiment.

L’émotion est un ressenti, une émotion on est touché

Le sentiment est une représentation / il nous parle

(l’expression émotion esthétique, artistique ne veut rien dire car on a toujours un lien avec une représentation mentale).

On va engager notre corps au regard de ce que l’on a reçu comme informations / on parle alors de comportement / on est seul. Si on est en groupe on parlera de comportement social qui devient une attitude.

On ne devrait pas parler de troubles du comportement (on en a tous …) mais de troubles de l’attitude car ils sont en lien avec la structure, avec la norme établie (dans les institutions on a des attitudes induites).

- La communication : se passe entre 2 personnes (2 entités/ si non c’est une pathologie.) qui vont s’exprimer l’une après l’autre : il faut

  • 1 émetteurils doivent êtres disponibles au même moment
  • 1 récepteur
  • 1 message
  • 1 code commun

Si échec de la communication : le code n’était pas le bon, l’expression (message) n’était pas clair ou les entités n’étaient pas disponibles. Pour s’engager dans une communication  la disponibilité est un préalable, mais une entité peut l’être plus que l’autre et cela varie d’un jour à l’autre pour une même personne.

- La densité relationnelle : comment on reçoit ce qui vient de l’autre, qu’elle énergie on déploie avec les autres : c’est la sociabilité /  c’est la manière de cette relation.

        Equilibre homéostatique avec les mécanismes opérants +  Saveur existentielle + bonne santé

 

Définition de l’OMS de 1946 «  Etat de complet bien être physique, social et mental et ne consistant pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité »

 

Tout être humain n’est pas forcément sociable, mais il est en capacité de l’être

Attention à différencier original et marginal

  • l’original cherche à se différencier tout en restant dans le cadre
  • le marginal est hors du cadre

L’être humain au cœur de l’activité artistique

Etre humaniste, c’est croire en l’être humain, lui faire confiance au regard de ses potentialités et connaissances.

Définitions :

expression «  ce par quoi qq chose se manifeste de manière volontaire ou non »

  • art ; « activité humaine volontaire orientée vers l’esthétique »

« Si tout art est expression, toute expression n’est pas art »

  • l’esthétique ??

Notion floue et abstraite au fil des siècles.

Evolution à la renaissance

Avant la renaissance l’art doit être utile, l’esthétique est basée sur l’objectivité (critères extérieurs à l’être humain) et toute objet créé est beau par principe.

A partir de la renaissance apparaît la notion de « plaisir à faire … » (cf. M. Ange est le 1er à exprimer cette idée et apparaît la notion de beaux arts (distinction entre arts et beaux-arts et artisanat d’art)

Avec Kant apparaît fin du 18ème la notion de subjectivité : la réalisation n’est plus un objet mais un sujet.  Ce que l’un va trouver beau, l’autre ne le trouvera pas beau.

Ce concept d’esthétique n’est plus en lien avec l’objet mais avec l’humain, on y met ce que l’on veut.

L’architecture va se différencier de l’artisanat à partir de la Renaissance.

 

 

Hegel dit que si un pilier est beau c’est parce qu’il existe / objet en lui-même / objectivité.

Mais si une personne dit que cela lui plait ou non c’est le sujet qui s’exprime / subjectivité / possibilité de faire des comparaisons, se baser sur une chose existante pour l’améliorer ou en faire une nouvelle plus belle.

Baumgarten (18ème) « L’esthétique c’est la science du beau dans l’art et la nature »

Entre le laid et le sublime / c’est subjectif. Il existe une dynamique permanente entre les deux.

Lorsque la personne fait une activité qu’elle trouve beau, alors cela devient de l’art : il n’y a pas de codes (cf. Duchamp avec son urinoir, il modifie les critères, les codes.)

Par contre si l’art à une utilité on n’est plus dans les beaux-arts mais dans l’artisanat (voir artisanat d’art)

Esthète = être à la recherche de l’agréable dans l’art

Artiste= associe fond et forme

Certains artistes sont plus sur le fond que sur la forme

Artiste : « être humain qui s’exprime  volontairement par l’aide d’un savoir faire net de techniques dans une orientation esthétique »

« L’artiste se reconnaît grâce à ses œuvres » il doit passer par la critique basée sur un certain nombre de repères, de critères, de codes culturels.

 

 

Parfois action-production sont simultanées comme dans la musique /chant et la danse. Ce sont des arts vivants( ?) en fait synchroniques. Si elles sont dissociées dans le temps ou dans l’espace ce sont des arts diachroniques.

 

Toute production a un impact sur les intentions futures.

Si l’impact est positif, la boucle sera une boucle de renforcement pour un réengagement de la personne.

Si l’impact est négatif la boucle sera une boucle d’inhibition, la personne ne voudra plus refaire.

Cela met en jeu 3 éléments essentiels dans une production, c’est le phénomène artistique.

  • L’intention met en avant l’engagement
  • L’action met en avant le style
  • La production met en avant le goût
  • facultés : tous les éléments pour faire qq chose
  • capacités : utilisation d’une technique pour tendre vers l’action
  • potentialités : comment développer les capacités

Le cheminement créatif : tenter de faire pareil / reproduire = mimétisme (on peut se faire plaisir en faisant de la copie)

L’heuristique ; c’est la création pure « extraire du néant »

Comment met-on en valeur l’intention et l’action dans le cas ou l’on n’arrive pas à la production (exp d’une personne qui est malade le jour du spectacle ou d’une personne qui refuse de produire mais participe à l’élaboration du projet. Comment le valoriser ?

                              Voir schéma complexe  « le cycle immuable de l’artiste »

 

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